Références philosophiques

Définitions et distinctions conceptuelles

La loi et le droit

Droit positif/droit naturel : Le Droit positif désigne l’ensemble de l’édifice juridique, lequel comprend les lois et les institutions de la justice, qui ont été établies dans une société particulière. Le Droit naturel est un droit dont on suppose qu’il serait inscrit dans l’ordre de la nature elle-même ou qui résulte de la nature de l’homme (raison, morale, instinct). Le droit naturel s’oppose au droit positif.

universel/relatif Vous l’avez compris, le droit naturel a une dimension universelle et intemporelle, il est transcendant à toutes conventions humaines, tandis que le droit positif est particulier à chaque société et relatif à chaque période, il est le fruit de conventions humaines.

naturel/conventionnel : est naturel ce qui est donnée à l’homme par la nature ou ce qui est déjà là, indépendamment de son action. Est conventionnel ce qui est le produit d’une décision humaine.

Loi (au sens positif) : Prescrit à une communauté d’homme ce qu’il convient de faire pour que s’établissent entre les hommes des relations justes et profitables pour tous.

Légal/Légitime : Est légal, ce qui est conforme aux lois positives. Par exemple, il est légal de circuler à 50 km/h sur la route. Est légitime, ce qui fonde et justifie nos actions sur le plan moral (selon un idéal de justice), et ce qui est conforme au droit naturel.  

Etat de nature/Etat civil : L’Etat de nature désigne l’état de l’homme hors de toutes sociétés où ni les individus ni les relations entre individus ne sont régulées par des lois. L’Etat civil désigne à l’inverse l’état de l’homme social, dont la vie et les relations avec les autres hommes sont régulés et organisé par des lois.

Le naturalisme et le positivisme juridique 

Le naturalisme juridique est l’idée selon laquelle l’Etat et l’ensemble des institutions et des lois instituées dans une société, sont fondés sur l’ordre de la nature. Exemple :

Il existe une justice dont tous les hommes ont comme la divination et dont le sentiment leur est naturel et commun.

Aristote, « Rhétorique »

A l’inverse, le positivisme juridique (les contractualistes sont positivistes par exemple) désigne la conception selon laquelle l’Etat et l’ensemble des institutions et des lois instituées dans une société sont fondés sur une convention humaine. Exemple :

La loi est l’ordonnance de la personne dont le commandement contient la raison de l’obéissance.

Hobbes, « Traité du citoyen »

Le concept de justice
Egalité de droit (ce qui doit être)Egalité de fait (ce qui est)
Egalité formelleEgalité matérielle (ou égalité des chances)Egalité arithmétiqueEgalité géométrique
C’est le principe de l’égalité devant la loi, énoncé dans l’article premier de la Déclaration selon laquelle les mêmes lois s’appliquent à tous.C’est le principe selon lequel non seulement tous doivent avoir les mêmes droits, mais encore la possibilité réelle de les exercer.Justice corrective : égalité arithmétique. S’applique aux transactions privées volontaires. Ex : échanges économiques.Justice distributive : égalité géométrique. S’applique à la répartition des biens et des honneurs.  C’est une égalité non pas entre deux termes mais entre deux rapports.

👉 La justice peut aussi se penser comme ordre naturel, hiérarchie naturelle. (Cf. Platon, Aristote)

Inégalité/Différence

La différence est un concept quantitatif : il compare deux termes en insistant sur l’impossibilité de les réduire l’un à l’autre. Il y a une différence entre les individus, mais également entre un individu et lui-même au cours de sa vie. La différence s’oppose en ce sens à la notion de ressemblance.

L’inégalité est un concept quantitatif : il compare deux termes du point de vue de la quantité et insiste sur les avantages ou les privilèges. De ce point de vue, l’inégalité s’oppose à l’égalité au sens arithmétique.